Quand un ordinateur ralentit ou qu’un ventilateur s’emballe, le réflexe est d’ouvrir le moniteur d’activité du système pour repérer le processus gourmand. Les outils intégrés font le travail, mais leur présentation est parfois austère, et les moniteurs en terminal comme htop supposent d’être à l’aise avec la ligne de commande. Entre les deux, les moniteurs graphiques qui restent légers, lisibles et identiques d’un système à l’autre sont peu nombreux.
C’est la place que vise NeoHtop, un moniteur système open source qui affiche processeur, mémoire et liste des processus dans une interface moderne, pour macOS, Windows et Linux. Cet article reprend ce que disent sa documentation et son dépôt, et fait le point sur l’état du projet.
NeoHtop, c’est quoi ?
NeoHtop est une application de bureau créée par Abdenasser. Le site officiel de NeoHtop la présente comme un moniteur système multiplateforme, rapide et soigné visuellement. Le code est publié sur le dépôt GitHub du projet sous licence MIT ; le dépôt a été créé le 30 octobre 2024.
Sur le plan technique, l’interface repose sur Svelte, la partie système sur Rust, et l’ensemble est empaqueté avec Tauri. L’auteur explique avoir choisi le moteur web natif du système plutôt qu’un navigateur embarqué. Le nom renvoie à htop, dont le projet s’inspire, et à neofetch, pour le goût de la personnalisation visuelle.
Côté tarif, aucune formule payante n’apparaît sur le site officiel ni dans le dépôt. L’auteur propose seulement des dons, via Buy Me a Coffee et GitHub Sponsors.
Ce que NeoHtop propose
Une vue d’ensemble et une liste de processus
D’après la capture d’écran officielle du dépôt, la fenêtre se découpe en deux zones. En haut, des panneaux résument l’activité : processeur cœur par cœur, mémoire, stockage, charge et durée de fonctionnement du système, trafic réseau. En dessous, un tableau liste les processus avec leur identifiant (PID), leur état, leur utilisateur, leur consommation de processeur et de mémoire, l’activité disque et la durée d’exécution.
Le README résume les fonctions de base : suivi en temps réel, tri sur n’importe quelle colonne, actualisation automatique et possibilité de terminer un processus depuis l’interface. La FAQ du site ajoute des colonnes personnalisables et une fréquence de rafraîchissement réglable. L’auteur annonce par ailleurs une consommation généralement inférieure à 1 % du processeur ; ce chiffre vient du site officiel et n’a pas été mesuré pour cet article.

Recherche, filtres et épinglage
La recherche est l’un des points mis en avant par la documentation :
- Recherche multicritère : par nom, par commande ou par PID, avec plusieurs termes séparés par des virgules.
- Expressions régulières : elles permettent des filtres plus fins. L’exemple de la documentation,
d$, liste les processus dont le nom se termine par « d », donc les démons. - Épinglage : vous gardez en vue les processus qui comptent. Un blog technique allemand précise que les entrées épinglées restent visibles quand le tri ou le filtre change.
- Arrêt de processus : un bouton dédié permet de terminer un processus sans passer par le terminal.
Thèmes clair et sombre
Le site officiel annonce une détection automatique du thème clair ou sombre du système. L’auteur évoque aussi un système de thèmes inspiré de celui des éditeurs de code, et la capture du dépôt montre un sélecteur de palettes dans la barre d’outils.
Installer NeoHtop
Les versions officielles se téléchargent sur la page des releases GitHub. La dernière, la 1.2.0 publiée le 2 juin 2025, propose :
- macOS : un fichier .dmg pour Intel et un autre pour Apple Silicon ;
- Windows : un installeur .exe en 64 bits ;
- Linux : un AppImage, un paquet .deb et un paquet .rpm, en x86_64.
Sur Mac, le site officiel indique macOS 10.15 (Catalina) ou plus récent. Son guide décrit l’ouverture du DMG, le glisser-déposer dans Applications, puis un premier lancement par clic droit et « Ouvrir » pour passer Gatekeeper. Le README affiche un badge de notarisation Apple pour les releases. Nous n’avons trouvé aucune précision sur les versions de Windows prises en charge.
Le README cite aussi des paquets maintenus par la communauté (Homebrew, AUR, dépôt Terra pour dnf, Scoop, eopkg). L’auteur précise qu’il ne les contrôle pas et que seules les releases GitHub sont officielles. Exemple avec Homebrew :
brew install --cask neohtop
Certains processus ne s’affichent qu’avec des droits élevés. La documentation conseille de lancer NeoHtop avec sudo /Applications/NeoHtop.app/Contents/MacOS/NeoHtop sous macOS, et avec pkexec sous Linux.
Et sur un serveur ? NeoHtop CLI
En mars 2026, l’auteur a annoncé NeoHtop CLI, un dépôt distinct. C’est une version pour le terminal, écrite en Go, qui fonctionne sous macOS, Linux et Windows. Son README cite une recherche par expressions régulières, quinze thèmes intégrés, l’épinglage, une vue en arbre et une sortie JSON (--json) exploitable avec jq dans des scripts. Pour une machine sans environnement graphique, comme un VPS, c’est la variante à regarder. L’installation proposée est :
npm install -g neohtop-cli
Ce second projet est très récent : dépôt créé le 29 mars 2026, dernière release observée (v0.1.13) le 30 mars 2026.
Pour qui ?
- Les utilisateurs de Mac, de PC ou de Linux qui trouvent le moniteur intégré peu lisible et veulent une présentation plus claire, avec les mêmes repères sur les trois systèmes.
- Les développeurs et les administrateurs qui filtrent souvent des processus par nom, par commande ou par expression régulière.
- Les curieux d’open source qui veulent lire un exemple d’application Rust, Svelte et Tauri.
À l’inverse, la documentation consultée ne mentionne ni alertes, ni historique des mesures, ni supervision de machines distantes. Pour surveiller un parc de serveurs, il faut un outil de supervision dédié.
NeoHtop face aux alternatives
- Moniteur d’activité (macOS) et Gestionnaire des tâches (Windows) : déjà installés, sans dépendance. NeoHtop se place sur le terrain de la présentation, du filtrage et de la personnalisation.
- htop et btop : des moniteurs en terminal, très répandus sur les serveurs. NeoHtop reprend l’idée dans une fenêtre graphique, et NeoHtop CLI revendique des visualisations dans le style de btop.
Limites et points d’attention
- Rythme de publication lent : la dernière release, la v1.2.0, date du 2 juin 2025, soit plus de seize mois. Le dépôt n’est pas archivé et reçoit encore des contributions : une correction pour Wayland a été fusionnée en janvier 2026, puis l’auteur a mis à jour le README en mars 2026. Cette correction étant postérieure à la v1.2.0, elle ne figure pas dans les fichiers publiés.
- Linux à surveiller : une issue ouverte (n° 203) signale qu’un AppImage peut afficher une fenêtre vide sur certaines configurations graphiques. Testez avant de généraliser.
- Fonctions demandées, pas encore là : la surveillance du GPU (issue n° 202) et la recherche de processus par port local (issue n° 201) figurent parmi les demandes ouvertes.
- Sources limitées : hors site et dépôt officiels, nous n’avons trouvé qu’un billet de blog technique allemand de novembre 2024 et une publication de l’auteur sur Hacker News (11 points, un seul commentaire, celui de l’auteur). Cet article s’appuie sur ces sources et sur la documentation, sans test de notre part.
En résumé
NeoHtop est un moniteur système gratuit et open source (licence MIT) qui offre, sur Mac, Windows et Linux, une interface graphique soignée, une recherche par expressions régulières, l’épinglage de processus et des thèmes. Le projet existe toujours sous le même nom, mais sa dernière release remonte à juin 2025 et des problèmes Linux restent ouverts.
Si vous cherchez une alternative plus agréable au moniteur de votre système, NeoHtop vaut un essai, en vérifiant la compatibilité sur votre configuration. Pour un serveur sans bureau, regardez plutôt NeoHtop CLI. Les téléchargements et la documentation sont sur le site de NeoHtop.



